Comprendre ce calcul
Les intérêts simples se calculent toujours sur le capital initial, sans que les intérêts déjà acquis ne produisent eux-mêmes de rendement. C’est la convention retenue pour la plupart des placements de trésorerie à court terme et pour le calcul infra-annuel des livrets.
Sur une durée inférieure à un an, la différence avec les intérêts composés est négligeable. Elle ne devient significative qu’au-delà de plusieurs années, lorsque la capitalisation commence à jouer.
Ce calcul répond à une question précise : combien rapporte une somme laissée en place pendant un nombre de jours donné, à un taux connu.
La méthode de calcul
Intérêts = Capital × Taux annuel × (Nombre de jours ÷ 365)- Capital : somme placée, supposée constante sur la période.
- Taux annuel : taux de rémunération brut, en pourcentage.
- Nombre de jours : durée effective de placement.
La base 365 est la convention usuelle en France pour les produits d’épargne des particuliers. Certains produits de marché retiennent une base 360, qui majore légèrement le résultat.
Exemple chiffré
Une somme de 5 000 € est placée pendant six mois, soit 180 jours, à un taux annuel brut de 3 %.
| Capital placé | 5 000 € |
|---|---|
| Taux de rémunération annuel | 3 % |
| Durée de placement | 180 jours |
| Résultat | 73,97 € |
Une année pleine aurait rapporté 150 €. Sur 180 jours, le prorata donne un peu moins de la moitié — la différence tenant simplement au fait que 180 jours représentent 49,3 % de l’année et non 50 %.
Lire le résultat
Le résultat est brut. Sur un livret réglementé, il correspond au net puisque ces produits sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Sur un livret bancaire ordinaire, appliquez le prélèvement forfaitaire unique de 30 %.
Comparez le rendement obtenu à l’inflation de la période. Un placement à 3 % dans un contexte d’inflation à 3 % préserve le capital nominal mais n’enrichit pas.
Si vous placez pour une durée supérieure à un an, préférez un calcul en intérêts composés : les intérêts simples sous-estiment alors le résultat.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le calcul suppose un capital constant. Un versement ou un retrait en cours de période modifie le résultat, chaque tranche devant alors être calculée séparément.
- La règle des quinzaines n’est pas appliquée. Sur la plupart des livrets, les sommes ne produisent d’intérêts qu’à compter du premier ou du seizième jour du mois suivant le versement, ce qui réduit la durée réellement rémunérée.
- Les intérêts ne sont pas capitalisés : sur plusieurs années, le résultat est inférieur à celui d’un placement à intérêts composés au même taux.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la règle des quinzaines ?
Sur un livret, un versement effectué entre le 1er et le 15 du mois ne commence à produire des intérêts que le 16 ; un versement entre le 16 et la fin du mois, que le 1er du mois suivant. Symétriquement, un retrait fait perdre les intérêts de la quinzaine en cours. Verser en fin de quinzaine et retirer en début de quinzaine optimise donc légèrement le rendement.
Quand les intérêts sont-ils réellement versés ?
Sur les livrets, ils sont capitalisés au 31 décembre et viennent augmenter le capital, qui produira lui-même des intérêts l’année suivante. Le calcul redevient donc composé d’une année sur l’autre, même si chaque année est calculée en intérêts simples.
Intérêts simples ou composés : quelle différence concrète ?
Sur 5 000 € à 3 %, une année donne 150 € dans les deux cas. Sur dix ans, les intérêts simples donnent 1 500 € tandis que les intérêts composés donnent environ 1 720 €. L’écart naît uniquement du fait que les intérêts déjà acquis se mettent à produire à leur tour.