Comprendre ce calcul
Changer de banque est devenu une opération encadrée et gratuite. Depuis la loi du 6 août 2015, dite loi Macron, le mandat de mobilité bancaire permet à la nouvelle banque de prendre en charge le transfert des prélèvements et virements récurrents, dans un délai de vingt-deux jours ouvrés, sans frais et sans démarche auprès de chaque créancier.
Reste à savoir si l’opération vaut la peine. C’est l’objet de ce calcul : confronter deux coûts annuels complets, et non deux lignes tarifaires isolées.
Le raisonnement s’applique aussi à un changement d’offre au sein du même établissement, souvent plus rapide à mettre en œuvre et parfois presque aussi rentable.
La méthode de calcul
Économie annuelle = Coût actuel − Coût de la nouvelle offre- Coût actuel : total annuel des frais dans votre banque, tous postes confondus.
- Coût de la nouvelle offre : total annuel équivalent chez le concurrent, à services comparables.
Les deux montants doivent couvrir le même périmètre : même type de carte, même nombre de comptes, mêmes services optionnels.
Exemple chiffré
Un client compare sa banque de réseau, où il paie une offre groupée de services, à une banque en ligne proposant une carte sans cotisation sous condition d’utilisation.
| Coût annuel dans votre banque actuelle | 216 € |
|---|---|
| Coût annuel dans la nouvelle banque | 60 € |
| Résultat | 156,00 € |
Sur cinq ans, l’écart cumulé dépasse 780 € — sans même compter les primes de bienvenue, qui ne se touchent qu’une fois et ne doivent donc jamais entrer dans une comparaison annuelle récurrente.
Lire le résultat
En dessous de 50 € d’économie annuelle, la démarche se justifie rarement à elle seule : le gain se dilue au premier incident facturé ou au premier service devenu payant.
Entre 100 et 200 €, le changement devient économiquement rationnel pour un usage bancaire simple.
Au-delà de 250 €, l’écart révèle presque toujours une offre groupée surdimensionnée par rapport à l’usage réel — assurances de moyens de paiement en doublon, garanties déjà couvertes par une carte haut de gamme, options jamais activées.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le calcul ne compare que des frais. Il ignore la qualité de service, l’accès à un conseiller, la disponibilité d’un réseau d’agences ou la capacité à obtenir un crédit immobilier, qui peuvent peser davantage que l’écart tarifaire.
- Les conditions de gratuité des banques en ligne s’assortissent souvent d’exigences : revenus domiciliés minimum, nombre d’opérations mensuelles par carte, encours moyen. Une condition non tenue fait basculer l’offre en tarification standard.
- Les primes de bienvenue sont ponctuelles et imposables. Les exclure de la comparaison annuelle évite de surestimer durablement le gain.
Questions fréquentes
Le changement de banque est-il vraiment gratuit ?
Le service d’aide à la mobilité bancaire est gratuit et obligatoire pour tous les établissements. La clôture d’un compte de dépôt l’est également. En revanche, le transfert d’un PEA ou d’un compte-titres reste payant, et le transfert d’un PEL n’est pas possible : il faut le conserver dans la banque d’origine.
Que devient mon découvert autorisé ?
Il ne se transfère pas. La nouvelle banque étudie votre dossier et décide seule d’accorder une autorisation, à son propre plafond. Prévoyez ce point si vous utilisez régulièrement votre découvert.
Faut-il fermer l’ancien compte immédiatement ?
Il est prudent de le laisser ouvert quelques semaines, avec un solde suffisant, le temps que les derniers prélèvements récurrents basculent effectivement. Le mandat de mobilité couvre les opérations des treize derniers mois, mais un prélèvement annuel isolé peut échapper au recensement.
Puis-je garder mes anciens numéros de compte ?
Non, l’IBAN change nécessairement puisqu’il identifie l’établissement teneur du compte. C’est précisément ce que le mandat de mobilité prend en charge : la communication du nouvel IBAN à vos créanciers et à vos débiteurs.