Comprendre ce calcul
L’assurance emprunteur est perçue comme un accessoire du crédit alors qu’elle en constitue une part majeure. Sur un prêt immobilier long, elle peut représenter le tiers du coût total du financement, parfois davantage pour un emprunteur âgé ou présentant un risque aggravé.
Son coût passe inaperçu parce qu’il se dilue dans une mensualité globale. Ramené au total versé sur vingt ou vingt-cinq ans, il change souvent la perception que l’on a d’une offre de prêt.
Depuis la loi Lemoine, la substitution d’assurance est possible à tout moment, sans frais et sans attendre une date anniversaire, à la seule condition que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes. C’est l’un des leviers d’économie les plus efficaces sur un crédit en cours.
La méthode de calcul
Coût cumulé = Cotisation mensuelle × 12 × Nombre d’années- Cotisation mensuelle : part d’assurance figurant dans l’échéance globale.
- Nombre d’années : durée totale du prêt.
Ce calcul correspond à une cotisation constante, mode retenu par la plupart des contrats groupe bancaires, assis sur le capital initial.
Exemple chiffré
L’assurance d’un prêt immobilier de vingt-deux ans est facturée 42 € par mois dans le contrat groupe de la banque.
| Cotisation mensuelle d’assurance | 42 € |
|---|---|
| Durée du prêt | 22 ans |
| Résultat | 11 088,00 € |
Plus de onze mille euros sur la durée. Une délégation d’assurance à 24 € par mois ramènerait ce total à 6 336 €, soit près de 4 750 € d’économie — un gain supérieur à celui qu’apporterait une négociation de 0,10 point sur le taux du prêt.
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Rapportez le coût cumulé au montant emprunté. Au-delà de 5 %, une mise en concurrence s’impose ; certains profils dépassent 10 %.
Comparez-le aux intérêts du crédit. Lorsque l’assurance atteint le tiers de la charge d’intérêts, elle constitue le premier gisement d’économie du dossier.
Attention à la base de calcul : une cotisation assise sur le capital restant dû décroît avec le temps, contrairement à une cotisation sur capital initial. À taux affiché identique, la première coûte nettement moins cher au total.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le calcul suppose une cotisation constante. Un contrat assis sur le capital restant dû produit un coût total inférieur, que cette multiplication surestime.
- Les majorations liées à l’âge, au tabagisme, à l’état de santé ou à la profession ne sont pas modélisées.
- La quotité assurée n’est pas prise en compte : couvrir deux emprunteurs à 100 % chacun double la cotisation par rapport à une répartition à 50 %.
- Un remboursement anticipé met fin à l’assurance et réduit d’autant le coût réellement supporté.
Questions fréquentes
Puis-je changer d’assurance emprunteur en cours de prêt ?
Oui, à tout moment et sans frais depuis la loi Lemoine, sous réserve que les garanties du nouveau contrat soient au moins équivalentes à celles exigées par la banque. Celle-ci dispose de dix jours ouvrés pour répondre et doit motiver tout refus.
Qu’est-ce que la quotité assurée ?
C’est la part du capital couverte pour chaque emprunteur. Un couple peut répartir 50/50, ce qui minimise la cotisation, ou assurer chacun à 100 %, ce qui garantit l’extinction totale de la dette au décès de l’un des deux. Le choix dépend de l’équilibre des revenus dans le foyer.
Le questionnaire de santé est-il toujours obligatoire ?
Non. La loi Lemoine l’a supprimé pour les prêts dont la part assurée n’excède pas 200 000 € par emprunteur et dont l’échéance de remboursement intervient avant le soixantième anniversaire de l’assuré.
L’assurance est-elle légalement obligatoire ?
Aucun texte ne l’impose, mais en pratique aucune banque n’accorde de prêt immobilier sans couverture décès et invalidité. Elle est donc obligatoire de fait, ce qui explique son inclusion dans le calcul du TAEG.