Comprendre ce calcul
Les primes d’assurance progressent presque mécaniquement d’une année sur l’autre. Deux causes se cumulent : l’indexation contractuelle, souvent adossée à un indice de la construction ou des services, et la révision tarifaire décidée par l’assureur en fonction de sa sinistralité.
Une hausse annuelle paraît anodine prise isolément. Composée sur plusieurs années, elle produit un effet que l’intuition sous-estime largement, exactement comme des intérêts composés.
Cette projection sert à décider du bon moment pour remettre un contrat en concurrence, en montrant où la trajectoire mène si rien n’est fait.
La méthode de calcul
Prime à l’année N = Prime initiale × (1 + Taux de revalorisation)^N- Prime initiale : cotisation de référence, celle de l’année en cours.
- Taux de revalorisation : hausse annuelle moyenne constatée ou anticipée.
- N : nombre d’années de projection.
L’exposant traduit la composition : chaque hausse s’applique à un montant déjà revalorisé les années précédentes.
Exemple chiffré
Une cotisation de 720 € par an progresse de 5,5 % chaque année. On projette la situation dans six ans.
| Prime de départ | 720 € |
|---|---|
| Hausse annuelle moyenne | 5,5 % |
| Nombre d’années | 6 ans |
| Résultat | 992,77 € |
La prime augmente de 38 % en six ans, alors qu’une addition naïve de six hausses de 5,5 % laisserait attendre 33 %. L’écart de cinq points vient de la composition — et sur douze ans, la prime dépasserait 1 360 €, soit près du double du point de départ.
Lire le résultat
Confrontez le taux de hausse à l’inflation générale. Une progression durablement supérieure signale soit une dégradation du rapport garanties-prix, soit une sinistralité du portefeuille qui vous est répercutée.
Calculez le cumul sur la durée prévisible du contrat, et non la seule prime de l’année N : c’est ce cumul qui justifie ou non l’effort d’un changement d’assureur.
Une hausse supérieure à 10 % sans sinistre ni changement de situation constitue un motif légitime de mise en concurrence immédiate.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le taux est supposé constant, alors que les revalorisations réelles sont irrégulières et dépendent de décisions annuelles de l’assureur.
- Les évolutions de situation — déménagement, changement de véhicule, ajout d’un conducteur, sinistre déclaré — modifient la prime indépendamment de toute indexation.
- Le coefficient de réduction-majoration, en assurance automobile, agit dans les deux sens et n’est pas intégré.
- Les modifications de garanties, à la hausse comme à la baisse, ne sont pas modélisées.
Questions fréquentes
L’assureur peut-il augmenter librement la prime ?
Il peut réviser ses tarifs si le contrat le prévoit, ce qui est presque toujours le cas. Il doit vous en informer avant l’échéance, et cette augmentation ouvre un droit de résiliation dans les délais prévus au contrat, généralement dans le mois suivant la notification.
Comment connaître ma hausse annuelle réelle ?
Comparez les avis d’échéance des trois dernières années. Le taux moyen annuel s’obtient en divisant la prime la plus récente par la plus ancienne, puis en prenant la racine correspondant au nombre d’années écoulées.
L’indexation automatique est-elle contestable ?
Non si elle est prévue au contrat et adossée à un indice objectif publié. Elle accompagne généralement une revalorisation parallèle des capitaux garantis, ce qui protège contre la sous-assurance : la refuser reviendrait à laisser les plafonds se dévaloriser.