Comprendre ce calcul
L’EBITDA — earnings before interest, taxes, depreciation and amortization — est l’équivalent international du solde d’exploitation brut français. Il s’est imposé comme référence dans les opérations de fusion-acquisition et dans la communication financière des groupes cotés.
Sa proximité avec l’excédent brut d’exploitation est réelle mais pas absolue. Les référentiels comptables diffèrent dans le traitement de la participation des salariés, des subventions et de certains produits et charges classés en exploitation d’un côté et en éléments non récurrents de l’autre.
Cette popularité s’accompagne d’un usage parfois abusif. Un EBITDA élevé peut masquer une entreprise très capitalistique dont les amortissements consomment l’essentiel de la performance affichée.
La méthode de calcul
EBITDA = Produits opérationnels − Achats externes − Masse salariale − Taxes d’exploitation- Produits opérationnels : revenus tirés de l’activité, hors éléments financiers et exceptionnels.
- Achats externes : consommations en provenance de tiers.
- Masse salariale : rémunérations et charges sociales associées.
- Taxes d’exploitation : contributions hors impôt sur les bénéfices.
Les dotations aux amortissements et dépréciations sont volontairement exclues : c’est ce que signifie le « DA » du sigle.
Exemple chiffré
Un groupe présente 1 240 000 € de produits opérationnels, 520 000 € d’achats externes, 445 000 € de masse salariale et 31 000 € de taxes d’exploitation.
| Produits opérationnels | 1 240 000 € |
|---|---|
| Achats externes | 520 000 € |
| Masse salariale | 445 000 € |
| Taxes d’exploitation | 31 000 € |
| Résultat | 244 000,00 € |
La marge d’EBITDA ressort à 19,7 %. Dans une opération de cession, un multiple de six appliqué à cet agrégat valoriserait l’entreprise autour de 1 464 000 € en valeur d’entreprise, dont il faudrait retrancher la dette nette pour obtenir la valeur des titres.
Lire le résultat
La marge d’EBITDA, rapportée au chiffre d’affaires, est le premier repère de comparaison sectorielle. Elle dépasse fréquemment 30 % dans le logiciel et reste sous 10 % dans la distribution.
En valorisation, le multiple appliqué varie selon le secteur, la croissance et la récurrence des revenus. Un multiple de quatre à six est courant pour une petite entreprise de services, davantage pour une activité à revenus récurrents.
Méfiez-vous de l’EBITDA ajusté, dont les retraitements sont laissés à l’appréciation de l’émetteur. Vérifiez systématiquement la nature des éléments écartés du calcul.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- L’exclusion des amortissements avantage artificiellement les activités très capitalistiques, dont l’outil productif s’use réellement.
- L’agrégat ignore le besoin en fonds de roulement, et ne mesure donc pas la trésorerie effectivement générée.
- Il n’est pas normé par le plan comptable français : deux entreprises peuvent le calculer différemment.
- Les charges de restructuration, souvent présentées comme non récurrentes, le sont parfois année après année.
Questions fréquentes
EBITDA et excédent brut d’exploitation sont-ils identiques ?
Très proches, mais pas strictement équivalents. Les écarts portent notamment sur la participation des salariés, les subventions d’exploitation et le classement de certains produits et charges. Dans une comparaison internationale, il faut expliciter la méthode retenue.
Pourquoi cet agrégat est-il critiqué ?
Parce qu’en excluant les amortissements, il fait abstraction du coût du renouvellement de l’outil productif. Une entreprise industrielle affichant un EBITDA confortable peut ne dégager aucune trésorerie libre une fois ses investissements de maintien financés.
Quel multiple retenir pour valoriser une entreprise ?
Il dépend du secteur, de la taille, de la croissance et de la récurrence du chiffre d’affaires. Les multiples observés sur des transactions comparables constituent la meilleure référence ; un chiffre théorique isolé n’a guère de portée.