Comprendre ce calcul
Le prix d’une obligation évolue en sens inverse des taux. Lorsque les taux montent, les titres existants, dont le coupon est figé, perdent de leur attrait et leur prix baisse jusqu’à ce que leur rendement rejoigne celui des nouvelles émissions.
L’ampleur de cette baisse dépend de la duration, qui mesure la sensibilité du titre. Plus l’échéance est lointaine et le coupon faible, plus la duration est élevée et plus le prix réagit fortement.
Cette relation explique pourquoi les obligations longues, souvent perçues comme prudentes, peuvent enregistrer des pertes considérables en période de remontée rapide des taux.
La méthode de calcul
Variation de valeur ≈ − Duration × Variation de taux × Valeur de l’obligation- Duration : sensibilité du titre, exprimée en années.
- Variation de taux : évolution du taux de marché, en points de pourcentage.
- Valeur de l’obligation : valorisation actuelle du titre détenu.
Le signe négatif traduit la relation inverse : une hausse des taux fait baisser la valeur. Il s’agit d’une approximation linéaire, valable pour des variations modérées.
Exemple chiffré
Une obligation valorisée 25 000 €, de duration 6,4 ans, fait face à une hausse des taux de 0,75 point.
| Duration | 6,4 |
|---|---|
| Variation de taux | 0,75 point |
| Valeur de l’obligation | 25 000 € |
| Résultat | -1 200,00 € |
La valeur recule d’environ 1 200 €, soit 4,8 % du titre. Une obligation de duration 12 aurait perdu près du double pour la même variation de taux — d’où l’importance de la duration dans la construction d’une poche obligataire.
Lire le résultat
Retenez l’ordre de grandeur : la perte en pourcentage avoisine la duration multipliée par la variation de taux. Une duration de 6 face à une hausse d’un point fait perdre environ 6 % de la valeur.
Si vous conservez le titre jusqu’à l’échéance et que l’émetteur ne fait pas défaut, cette variation reste latente : vous percevrez le nominal comme prévu. Le risque de taux ne se matérialise qu’en cas de vente anticipée.
Sur un fonds obligataire, en revanche, la perte est constatée immédiatement dans la valeur liquidative, puisque le portefeuille est valorisé au prix de marché.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- L’approximation est linéaire et perd en précision pour les variations de taux importantes, la relation réelle étant courbe.
- La convexité, qui corrige cet effet de courbure, n’est pas prise en compte.
- Le calcul ignore le risque de crédit, qui peut affecter le prix indépendamment des taux.
- La duration évolue avec le temps et avec le niveau des taux : la valeur saisie n’est valable qu’à un instant donné.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la duration exactement ?
C’est la durée de vie moyenne pondérée des flux de l’obligation, exprimée en années. Elle sert d’indicateur de sensibilité : une duration de cinq signifie qu’une hausse d’un point de taux fait perdre environ 5 % de la valeur du titre.
Comment réduire la sensibilité d’un portefeuille obligataire ?
En privilégiant les maturités courtes, les obligations à coupon élevé, ou les titres à taux variable dont le coupon se réajuste. Diversifier les échéances, selon la technique dite de l’échelonnement, lisse également l’exposition.
Une obligation détenue jusqu’au terme peut-elle faire perdre de l’argent ?
Pas en nominal si l’émetteur honore ses engagements : vous récupérez la valeur de remboursement. En revanche, une hausse de l’inflation supérieure au coupon fait perdre du pouvoir d’achat, et vous restez immobilisé sur un rendement devenu peu attractif.