Assurance

Ratio sinistres sur primes

Rapportez le coût des sinistres aux cotisations encaissées : c’est l’indicateur central de l’équilibre technique d’un portefeuille d’assurance.

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Résultat indicatif, calculé dans votre navigateur. Il ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique.

Comprendre ce calcul

Le rapport sinistres sur primes, souvent désigné par le terme anglais loss ratio, mesure la part des cotisations absorbée par l’indemnisation des sinistres. C’est l’indicateur de pilotage fondamental d’un assureur, d’un courtier grossiste ou d’un gestionnaire de flotte.

Il intéresse aussi l’assuré professionnel. Une entreprise dont le ratio se dégrade sait qu’une majoration tarifaire lui sera proposée à l’échéance, voire que son contrat ne sera pas reconduit.

Ce ratio ne dit rien à lui seul de la rentabilité : il faut y ajouter les frais de gestion et d’acquisition pour obtenir le ratio combiné, qui détermine si l’activité d’assurance dégage ou non un résultat technique.

La méthode de calcul

Rapport S/P = (Charge des sinistres ÷ Primes acquises) × 100
  • Charge des sinistres : indemnités versées, augmentées des provisions constituées pour les dossiers non clos.
  • Primes acquises : cotisations rattachées à la période, et non simplement encaissées.

La distinction entre primes émises et primes acquises importe : seule la fraction correspondant à la période de couverture écoulée entre au dénominateur.

Exemple chiffré

Sur un exercice, une flotte de véhicules d’entreprise a généré 68 000 € de charge de sinistres pour 92 000 € de cotisations acquises.

Charge des sinistres68 000 €
Primes acquises92 000 €
Résultat73,91 %

Près de 74 % des cotisations partent en indemnisation. En ajoutant environ 25 points de frais de gestion et d’acquisition, le ratio combiné frôle 99 % : l’équilibre technique est atteint de justesse, et toute dégradation supplémentaire déclencherait une hausse tarifaire.

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En dessous de 60 %, le portefeuille est nettement rentable et laisse une marge de négociation à l’assuré.

Entre 70 et 80 %, on se situe dans la zone d’équilibre habituelle une fois les frais ajoutés.

Au-delà de 100 %, les sinistres dépassent les cotisations : la branche est déficitaire avant même prise en compte des frais, et une correction tarifaire est certaine.

Repères chiffrés
IndicateurValeurCe que cela signifie
Ratio S/Psinistres ÷ primesMesure la seule charge d’indemnisation.
Ratio de frais20 à 30 % en généralFrais de gestion, d’acquisition et commissions de distribution.
Ratio combinéS/P + fraisAu-dessus de 100 %, l’activité perd de l’argent avant produits financiers.

Ce que ce calcul ne prend pas en compte

  • Le ratio est très sensible à la taille du portefeuille. Sur un faible nombre de contrats, un sinistre exceptionnel le fait bondir sans que cela traduise une tendance.
  • Les provisions pour sinistres non encore réglés reposent sur des estimations, révisées d’un exercice à l’autre.
  • Les recours contre des tiers responsables viennent en atténuation de la charge, parfois plusieurs années après le sinistre.
  • Un ratio calculé sur un seul exercice a peu de valeur : c’est la moyenne sur trois à cinq ans qui est significative.

Questions fréquentes

Comment un professionnel peut-il faire baisser son ratio ?

En agissant sur la fréquence plutôt que sur le coût unitaire : formation à la conduite pour une flotte, mesures de prévention incendie, sécurisation des locaux. Relever la franchise réduit aussi mécaniquement la charge indemnisée, en la transférant sur l’entreprise.

L’assureur communique-t-il ce ratio à son client ?

Sur les contrats d’entreprise, oui : le compte de résultat technique est généralement transmis à l’échéance, ou obtenu sur demande via le courtier. Il constitue la base de la négociation tarifaire.

Pourquoi un ratio inférieur à 100 % peut-il quand même donner lieu à une hausse ?

Parce que le ratio combiné intègre les frais. Un rapport sinistres sur primes de 85 % assorti de 25 points de frais aboutit à 110 % : la branche perd de l’argent alors même que les sinistres restent inférieurs aux cotisations.