Comprendre ce calcul
Une performance brute ne veut rien dire sans sa durée. Gagner 57 % est excellent en trois ans, médiocre en vingt. L’annualisation ramène toutes les performances à une base commune et rend la comparaison possible.
Le calcul retenu est celui du taux de croissance annuel moyen, souvent désigné par le sigle anglais CAGR. Il donne le taux constant qui, appliqué chaque année, produirait le même résultat final.
Ce lissage est sa force et sa limite : il gomme entièrement la trajectoire. Deux placements affichant le même taux annualisé peuvent avoir suivi des chemins radicalement différents en termes de volatilité.
La méthode de calcul
Performance annualisée = [ (Valeur finale ÷ Valeur initiale)^(1 ÷ Nombre d’années) − 1 ] × 100- Valeur initiale : montant investi au départ.
- Valeur finale : valorisation au terme de la période.
- Nombre d’années : durée de détention, éventuellement fractionnaire.
La racine traduit la capitalisation : additionner des performances annuelles ou les diviser par le nombre d’années donnerait un résultat surestimé.
Exemple chiffré
Un investissement de 22 000 € atteint 34 500 € au bout de sept ans.
| Valeur initiale | 22 000 € |
|---|---|
| Valeur finale | 34 500 € |
| Durée | 7 ans |
| Résultat | 6,64 % |
La performance cumulée s’élève à 56,8 %, mais elle correspond à 6,64 % par an. Une division naïve par sept aurait donné 8,1 %, soit près d’un point et demi de surestimation — l’écart provenant entièrement de la capitalisation.
Lire le résultat
Comparez toujours le taux obtenu à un indice de référence sur la même période, en version dividendes réinvestis. Une performance de 6,6 % annualisée n’a pas la même valeur selon que le marché a fait 4 % ou 12 %.
Confrontez-le également à l’inflation de la période pour obtenir la performance réelle, seule mesure du gain de pouvoir d’achat.
Le taux annualisé ne dit rien du risque encouru. Deux portefeuilles au même résultat peuvent avoir connu des reculs intermédiaires très différents, information essentielle pour juger de la pertinence d’une stratégie.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le calcul suppose qu’aucun versement ni retrait n’est intervenu en cours de période ; sinon, un taux de rendement pondéré par les flux serait nécessaire.
- Il lisse complètement la volatilité et masque les reculs intermédiaires.
- Les frais et la fiscalité ne sont pas déduits.
- Une performance passée annualisée ne préjuge en rien des rendements futurs.
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas diviser la performance totale par le nombre d’années ?
Parce que les rendements se composent. Une hausse de 10 % suivie d’une hausse de 10 % donne 21 % et non 20 %. La division ignore cet effet et surestime systématiquement la performance annuelle, d’autant plus que la période est longue.
Comment procéder si j’ai fait des versements en cours de route ?
Le taux de croissance annuel moyen ne convient plus. Il faut recourir à un taux de rendement interne, qui tient compte de la date de chaque flux. La plupart des tableurs proposent une fonction dédiée à ce calcul.
Que signifie une performance annualisée négative ?
Que la valeur finale est inférieure à la valeur initiale. Le taux indique alors la perte annuelle moyenne : une performance de −3 % par an sur cinq ans correspond à une perte cumulée d’environ 14 %.