Comprendre ce calcul
Le taux de remplacement exprime la baisse en pourcentage ; ce calcul la traduit en euros. C’est cette forme qui parle le plus directement, parce qu’elle se compare immédiatement à des dépenses concrètes.
L’écart obtenu constitue le besoin mensuel à couvrir par l’épargne complémentaire. Il est le point de départ de tout dimensionnement d’un capital retraite.
Il doit être ajusté à la baisse pour tenir compte des charges qui disparaissent au moment du départ : cotisations retraite, frais professionnels, et le plus souvent la mensualité de crédit immobilier.
La méthode de calcul
Manque à gagner mensuel = Revenu d’activité actuel − Pension estimée- Revenu d’activité actuel : revenu net mensuel perçu en fin de carrière.
- Pension estimée : total des pensions nettes attendues, tous régimes confondus.
Le résultat est un besoin brut, à corriger des charges qui cesseront à la retraite pour obtenir le besoin réel.
Exemple chiffré
Un actif perçoit 3 200 € nets par mois et anticipe une pension nette de 1 980 €.
| Revenu d’activité actuel | 3 200 € |
|---|---|
| Pension estimée | 1 980 € |
| Résultat | 1 220,00 € |
L’écart s’élève à 1 220 € par mois. Si le crédit immobilier, à 700 € mensuels, est soldé au moment du départ, le besoin réel tombe à environ 520 € — soit un capital nécessaire divisé par plus de deux.
Lire le résultat
Ajustez toujours l’écart brut. Cotisations sociales, frais de transport et de restauration professionnels, et surtout mensualité de crédit constituent des charges qui s’éteignent ou se réduisent.
Ajoutez en revanche les dépenses qui augmentent : santé, mutuelle senior dont le coût progresse nettement, loisirs et aide éventuelle aux proches.
Multipliez le besoin ajusté par le nombre de mois de retraite envisagés pour obtenir l’ordre de grandeur du capital à constituer.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Le calcul compare une situation présente à une situation future sans corriger de l’inflation.
- Il ne tient pas compte de l’évolution probable de votre revenu d’activité d’ici le départ.
- Les revenus du patrimoine, susceptibles de combler une partie de l’écart, ne sont pas intégrés.
- La fiscalité applicable aux pensions, différente de celle des salaires, n’est pas modélisée.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment viser un remplacement à 100 % ?
Rarement. Les charges liées à l’activité disparaissent, le crédit immobilier est souvent soldé, et les cotisations retraite cessent. Un besoin correspondant à 70 à 80 % du revenu d’activité est fréquemment suffisant pour maintenir le niveau de vie effectif.
Quelles dépenses augmentent à la retraite ?
Principalement la santé, avec des cotisations de complémentaire nettement plus élevées après soixante ans, ainsi que les loisirs et les voyages dans les premières années. La dépendance éventuelle, en fin de vie, constitue un poste majeur et rarement anticipé.
Comment réduire ce manque à gagner ?
En agissant sur les deux termes : augmenter la pension par un départ différé ou le rachat de trimestres, et réduire les charges futures en soldant le crédit immobilier avant le départ. Les deux leviers se cumulent et se préparent plusieurs années à l’avance.